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Lettre du 15 février 2006

Cher(e)s Ami(e)s,

« La femme est l’avenir de l’homme » a chanté le poète. Visionnaire, il nous a annoncé un mouvement qui semble irréversible. Après des siècles de domination masculine, l’espèce humaine paraît enfin donner à «’égalité liberté fraternité » une compréhension qui inclut les femmes.
Pourtant il est encore de nombreux endroits où, sur notre terre commune, le fait d’être femme est une souffrance. Les hommes violés, castrés, lapidés, vitriolés, voilés par tradition obligation éducation, cela n’existe pas. Pourtant ces stupides et rudimentaires procédés apanage d’une méprisable suprématie sévissent encore par ci par là quand il s’agit des femmes.
Pour autant, ne nous glorifions pas trop vite de nos démocraties qui votent la parité et l’égalité des droits. Les lois sont souvent en avance sur la réalité des pratiques. Observons chez nous les sondages qui s’intéressent aux présidentiables de certains partis et nous pourrons mesurer le conflit parfois schizophrénique vécus par des hommes pourtant convaincus de la nécessaire égalité des sexes : « si l’avenir de l’homme n’était pas demain mais après demain… », semblent dire les perdants masculins de sondages qui leur préfèrent une femme. Opinion mesurée auprès d’électeurs qu’ils ont eux-même convaincus de la nécessaire lutte contre les discriminations sexuelles...

Ainsi des femmes de par le monde luttent, résistent, prennent la parole, de façon autonome contre les tyrannies, les violences, les misères dont souffrent les Hommes. Car il n’y a pas, à ma connaissance de mouvements, religions ou partis féminins qui prônerait un retour au matriarcat. Rien ne prouve d’ailleurs que cette période très ancienne où les femmes présidaient aux destinés de notre espèce fut moins barbare que la suivante.
L’évolution de l’Homo Sapiens, après l’expérience historique des deux pouvoirs, semblent donc se diriger vers le partage mais le chemin est long à l’échelle des générations et le propre de tout mouvement est qu’il peut s’arrêter et s’inverser. Donc même si le poète a sans doute raison quand à notre avenir, cela n’empêche pas d’aider le mouvement à continuer sa course.
Un des plus beaux et étonnants mouvements de femmes, « les folles de mai » en Argentine vient de décider d’arrêter son action : pendant plus de quinze ans, des grands mères ont tourné en rond sur la grand place de la capitale, réclamant « des nouvelles des disparus » pendant la dictature. C’est cette ronde obstinée qui leur a valu la qualification de « folles ». Les disparus sont morts, elles en ont les preuves aujourd’hui, mais « les folles » ont redonné existence et dignité à des êtres dont la mort même était niée..

Alors pendant une semaine du 7 au 11 mars, notre théâtre rendra hommage à des femmes qui résistent, prennent la parole pour dire les maux, les souffrances et les espoirs aussi, en Algérie, en France, en Argentine, en Palestine… des femmes qui racontent, chantent, dansent les discriminations dans le travail, l’éducation, la religion, la colonisation…
L’une a écrit une pièce (Hammam) sur ses sœurs mères grands mères, d’autres l’ont « commandée » à un homme écrivain (Dire les maux), d’autres encore ont pris la parole à Genève lors d’une conférence de l’ONU pour dire la situation et la lutte des femmes des territoires occupés en Cisjordanie…
Voilà une semaine de rencontre pour venir écouter, parler, échanger… avec elles.

Pascal larue

 

 

 

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