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Lettre du 1er Février

J’ai reçu un message d’un ami chasseur de contes et je ne résiste pas à l’envie de le partager avec vous.

Cher ami,

Les contes sont des êtres vivants, laissez-moi vous en convaincre.

Quand sont-ils nés, et où ? Difficile de le dire, ils sont à nos côtés depuis si longtemps ? Peut-être quand nous avons domestiqué le feu, il faut un peu de chaleur pour bien les entendre, du temps à ne rien faire d’autre que les écouter, et j’ai remarqué depuis qu’ils m’accompagnent leur préférence pour la nuit. Ils aiment rester secret, faire un peu peur ou rire de nous et cacher leur beauté. Ils paraissent éternels et il y a des contes si vieux que personne ne se souvient d’où ils viennent. Pas même eux. Et pourtant on peut suivre leurs traces dans beaucoup de pays différents, on les croit disparus et ils réapparaissent. Comment voyagent-ils ? Peut-être se transmettent-ils comme les baisers avec la bouche et la langue. Il faut des amoureux pour les faire renaitre. Ou peut-être qu’il existe des abeilles contineuses butinant des histoires pour en faire un miel doux amère nécessaire à notre alimentation. Peut-être avec les oiseaux et le vent, peut-être ont-ils des ailes aux talons car certains ont traversé les mers, les océans, des montagnes aux grands cols, des déserts de sable ou de glace. Ils ont traversé des guerres, des tremblements de terre, connus sècheresse, inondation, avalanches et mille souffrances. Ils ont été pourchassés et expulsés, il y a des époques où ils devaient se cacher et même un pays où la loi interdit les contes, les cerfs-volants et de rire en public. Il y a des hommes à qui ils font peur et qui croient s’en débarrasser en disant « Ce sont des histoires de bonnes femmes ». Ce qui est sûr c’est qu’ils sont là et que nous avons besoin d’eux comme le rhinocéros a besoin de son petit oiseau qui le pique pour manger les vers dans les pores de sa peau. Ils sont là dissous dans l’eau de la fontaine, source de nos rêves quand il faut boire, apparaissant et disparaissant au gré des vents ils nous aident à voler vers des sommets inconnus et assis sur la montagne nous donne la force, la volonté de la déplacer. Et le soir devant un feu les paroles du conteur semblent danser avec les flammes. Ils savent vivre avec nous dans un monde parallèle auquel nous accédons par des trous noirs et des portes mystérieuses, mais chacun a une clef qui n’ouvre pas la porte des autres. Chacun d’entre nous peut les raconter ou les écouter ou s’endormir à son bon plaisir.

Les contes sont des êtres vivants, du moins je le crois, on dit  qu’ils savent apaiser nos peines, cicatriser nos blessures, caresser nos âmes et même faire rire les pierres. Mais ça personne ne peut le prouver Des histoires de bonnes femmes ? Pour le savoir il faut apprendre à les entendre ?

 

Le 1er janvier … l’année est effacée

 

Post Scriptum :

Je vous joins mes récoltes de rêves à la croisée des mondes, aux pays des eaux dormantes chez les Aqualipis, chez les Narcisséens et le Huminidées et aussi les danses des Ophéliennes en pays Mélancolia, les songes des Ailées et des Nébuleux dans les monts Durtex ou les plaines des Moles, les récits des Cristallins et de leurs voisins les Métalliques, enfin les histoires incroyables des Prométhéens et leurs cousins Nitchéens  ancêtre d’Empédocle et des Chimistiens, Chiméens ou Chimériens, les prononciations différent suivant les régions. Ces histoires sont sur des pages blanches comme il se doit pour les contes, nul besoin de les écrire. Je les dépose tel que je les ai recueillis, vierges quoique vieux. As toi de trouver les mots…

 

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