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La lettre de septembre 2015

Heureux qui comme moi a fait un beau voyage

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu des Yachts  allongés sur des plages de sable fin

Et des propriétaires satisfaits

J’ai vu des paquebots hauts comme une montagne

Et des passagers repus

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu des corps perdus sur des canots dérivants

Et des squelettes d’enfants

J’ai vu des femmes aux lèvres noires brulées

Et des hommes noyés

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu des rives bruyantes de rire joyeux

Et de parasols colorés

J’ai vu le plaisir insouciant de la vacance

Et de la liberté

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu des ports saturés d’échos guerriers

Et de la puanteur des morts

J’ai vu la fuite éperdue de la souffrance

Et de la peur

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu l’astre se coucher tranquillement

Et souhaiter bonne nuit

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu la lumière d’Orient se lever sur l’espoir

Et les portes se refermer

J’ai vu des vivants l’œil plein de jouissance

Et des fantômes aveuglés

J’ai vu les lampions dansant au vent des fêtes  

Et les lumières des phares

J’ai vu des mains accrochées aux barrières barbelées

Et la musique pour oublier

J’ai vu la mauvaise crainte d’être dérangé

Et d’esprits dérangés

J'ai vu de belles voies rapides pour voir la mer

Et des gens préssés

J'ai vu des camions arretés livrer leur cargaison

Et les cadavres sans étiquettes

En méditerranée

Par un bel été

J’ai vu sur des iles les hommes essayer de vivre

Et bâtir des murs

En méditerranée

Le même été

J’ai vu l’Homme immature se préparer à mourir

Et les dieux s’amuser

Heureux qui comme moi a fait un beau voyage

En méditerranée

Par un bel été

 

Pascal Larue

 

 
La lettre de janvier

Cher-e-s Ami-e-s,

Nous sommes tous Charlie.

Je cherche des phrases simples pour expliquer à mes enfants ce qui se passe. Pourquoi nous sommes tous des Charlie ?

Dix sept personnes ont été assassinées en France. Par des fanatiques 

Deux enfants sont morts de froids ce matin en Syrie. Dans une ville bombardées.

Nous sommes des millions à manifester aujourd'hui à Paris. Contre la barbarie.

Ils étaient de millions à manifester en Syrie il y a quatre ans contre une tyrannie.

Depuis des dizaines de milliers ont été massacrés. Par les mêmes fanatiques et des tyrans.

Deux autres enfants mourront de froids demain en Syrie. Dans une ville assiégée.

Demain en Arabie saoudite un blasphémateur doit recevoir mille coup de fouet à la sortie de la mosquée.

Blasphémer c'est rigoler avec un Dieu. Et un Dieu ça rigole ? Ça rigole pas ?

Hier un vieux syrien disait dans un cimetière à une journaliste : "Aidez nous". Aujourd'hui il se tait.

Pour lui on est pas des Charlie mais des Charlots.

Nous voulons la paix, la fraternité.

Lui il se sait abandonné. Nous nous voulons juste être protégé.

Nos dirigeants qui étaient tous des Charlie se sont réunis. Ils vont fermer plus le frontières.

Les tueurs barbares venaient de loin là-bas ?

Ils étaient français.

Des enfants abandonnés de nos cités. Ça n'excuse rien, ça explique juste. Tous les abandonnés ne deviennent pas assassins.

Est-ce qu'on fera quelques choses demain pour les enfants abandonnés ?

Trois mille migrants sont morts noyés en méditerranée l'an passée. Beaucoup fuyaient la Syrie, le Yémen, le Soudan et d'autres pays où règne la barbarie.

Nos dirigeants vont bloquer l'entrée des armes chez nous mais continuer à les fabriquer et les vendre dans des pays où règne la tyrannie.

Les américains vont nous aider mais chez eux on pourra les acheter.

Il y a même des dictateurs qui étaient des Charlie aujourd'hui.

On va continuer à faire des affaires avec les Quataries qui financent les barbares et le PSG dit une banderole corsée à Bastia.

On va coordonner mieux nos polices ont dit nos dirigeants. Pour que les barbares et les victimes restent loin de chez nous.

Mon cousin m'a dit tuer c'est pas bien mais quand même on insulte pas Dieu si on veut pas ça.

Quand Merah a tué des soldats musulmans et des enfants juifs on était choqués, pas des millions à manifester.

Les assassins ont appris à tuer en Syrie ou au Yémen dans des camps de fous de Dieu.

Cabu, Wolinsky et les autres étaient aussi des enfants musulmantistes juifistes christistes boudeurs et incroyants incroyable aux crayons.

Ils faisaient partis de la famille. Peut-être pour ça qu'on a manifesté.

Ils aimaient rigoler. Les fous de Dieu aiment haïr.

Dieu existe existe pas ? Je ne sais pas, à toi de décider et tu peux changer. De Dieu, d'avis. Te moquer de lui aussi. Quand il t'énerve.

On peut se moquer de quelqu’un qui n'existe pas ?

De toute façon il est amour, il pardonne.

Est-ce qu'on peut croire à un Dieu qui ordonne de tuer ?

C'est pour ça qu'on est tous des Charlie les enfants.

J'ai pas tout compris Papa.

Moi non plus t'inquiète pas.

Pascal Larue, le 11 janvier 2015
 
Lettre du mois de juin 2014

 Lettre de Jack Ralite à François Hollande

 

Monsieur le Président,

 

Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître.

Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme sont en danger. Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le ministère de la culture tend à n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’illuminer. Les collectivités territoriales dont le rôle est devenu immense en culture et en art voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. 
L’Europe minore sa déjà médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.

Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi la meilleure antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

On est arrivé à l’os et 50 ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence de « programmateurs » et « administrateurs » mettent en état de dominance les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle.

L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance.

Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.

L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche.

C’est avec ces idées en tête et au cœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle.

Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.

La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René CHAR.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.

Jack Ralite

 
La lettre de mai. Lettre des intermittents

 TRIBUNE PARUE DANS LIBERATION DU 5 JUIN

Nous dirigeons des théâtres, des festivals, des compagnies qui œuvrent pour la création et la diffusion du spectacle vivant sur l’ensemble des territoires. Acteurs du secteur public des arts et de la culture, nous vous interpellons solennellement pour vous demander que l’accord Unédic, signé le 14 mai, par les partenaires sociaux ne soit pas agréé en l’état par votre gouvernement. Les mesures prévues pour les annexes VIII et X viendraient aggraver le système en vigueur depuis 2003, dont les règles ont déjà prouvé leur injustice et leur inefficacité. Les salariés les plus précaires et les structures les plus fragiles seraient particulièrement affectés par la nouvelle hausse de 2 points des cotisations patronales et salariales, le nouveau différé d’indemnisation concernant 48% des intermittents, contre 9% actuellement dès 8 300 euros brut en 507 heures sur 10 ou 10,5 mois, ainsi que le plafonnement du cumul des salaires et des indemnités mensualisés plutôt qu’annualisés en lien avec une date anniversaire comme nous le préconisions.

Depuis plus de dix ans, le Syndeac, d’autres organisations professionnelles et des parlementaires membres du Comité de suivi de la réforme de l’intermittence ont établi des propositions précises pour une réforme équitable et durable de ce régime spécifique d’assurance chômage. Une étude commandée à deux chercheurs indépendants a permis de démontrer la justice sociale et l’efficacité économique du modèle alternatif que nous défendons.

De même, l’Assemblée nationale et le Sénat ont mené, en 2013, des auditions sur l’emploi artistique et proposé à leur tour des pistes de réforme. Les négociations paritaires de cette année auraient dû être l’occasion d’analyser ces propositions concrètes. Mais tous ces travaux ont été ignorés par certains partenaires sociaux.

Le ministre du Travail a été interpellé ces dernières semaines par de très nombreux élus de gauche, demandant, par courrier ou en question publique, de ne pas agréer cette nouvelle convention pour ces mêmes motifs de justice sociale et de prise en compte des propositions de réforme existantes.

Alors oui, nous attendons plus d’un gouvernement de gauche que le strict respect du dialogue social paritaire. Nous attendons beaucoup plus d’un gouvernement de gauche que la seule préservation des annexes spécifiques pour les intermittents du spectacle. Nous attendons d’un gouvernement de gauche autre chose que des Assises dilatoires et la promesse d’une caisse de bienfaisance. Et nous attendons toujours d’un gouvernement de gauche les preuves d’une ambition pour la culture. Agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage. Ce serait une erreur, voire une faute, à la veille des festivals d’été qui font le rayonnement international de notre pays : déjà le Printemps des comédiens de Montpellier est stoppé dans son envol… et demain ?

Il serait sage d’entendre enfin la juste colère des artistes, des techniciens, des professionnels de la culture. Il serait sage d’entendre aussi les inquiétudes que près de 100 parlementaires et élus locaux ont adressées par courrier au ministre du Travail pour lui demander de ne pas signer ce texte.

Avec eux, à travers la justice et l’équité d’une réforme du régime de l’intermittence, nous défendons aussi le développement humain, culturel et économique des territoires. Parce que l’humain est le moteur de tout acte de création, il est impératif de préserver ces emplois.

Nous continuons d’attendre de votre gouvernement qu’il renonce à agréer cette nouvelle convention Unédic en l’état ou qu’il accepte à tout le moins d’y surseoir pour partie : les annexes VIII et X méritent une nouvelle concertation. Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre haute considération.

Parmi les premiers signataires :

Jean-Paul Angot Directeur de la MC2 Grenoble, président de l’Association des Scènes nationales - Fabien Barontini Directeur de Sons d’hiver, élu au Conseil national du Syndeac (CNS) -  Jean Boillot Metteur en scène, directeur du Nord-Est Théâtre, centre dramatique national de Thionville Lorraine, élu au CNS, secrétaire de l’Acid-Association des CDN/R -  Hélène Cancel Directrice du Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque, présidente déléguée du Syndeac  -  Romaric Daurier Directeur du Phénix, scène nationale de Valenciennes, président délégué du Syndeac  - Judith Depaule Metteure en scène, directrice artistique de Mabel Octobre, déléguée suppléante du Syndeac en Ile-de-France  - Héla Fattoumi Chorégraphe, codirectrice du centre chorégraphique national de Caen Basse-Normandie, présidente déléguée du Syndeac  - Madeleine Louarn Metteure en scène, directrice du Théâtre de l’Entresort, présidente du Syndeac  - Arnaud Meunier Metteur en scène, directeur de la Comédie de Saint-Etienne, centre dramatique national  - Olivier Py Auteur et metteur en scène, directeur du Festival d’Avignon  - Pauline Sales Auteure, comédienne, codirectrice du Préau, centre dramatique régional de Vire, présidente déléguée du Syndeac, coprésidente de l’Acid-Association des CDN/R  -  Emmanuelle Vo-Dinh Chorégraphe, directrice du Phare, centre chorégraphique national du Havre Haute-Normandie…

 
La lettre d'Avril 2014

Chèr-e-s ami-e-s,

 

Hassan est épicier. Hassan vient du Maroc et il a à peine trente ans. Hassan est épicier de proximité dans un petit village de France et dans une petite supérette qui porte justement le nom de Proxi. Depuis neuf années qu’il travaille là comme gérant Hassan, lui qui fait tout pour s’intégrer, il a bien compris notre langue. Proxi-proximité cela veut dire être proche des gens, alors Hassan il se décarcasse pour ses clients, ses voisins, il travaille souvent douze-quinze heures par jour pour satisfaire tous ceux dans ce village qu’il aime et qui le lui rendent bien. Car il est apprécié Hassan pour sa gentillesse, sa prévenance, il sourit et il aime parler avec les gens. Hassan est devenu au fil des ans un ami, le grand frère des enfants, le coursier des personnes âgées et isolées.

Or il y a quelques semaines une administration qui fait son travail s’aperçoit qu’Hassan n’a pas de papier.

Alors le lundi 14 avril, les gendarmes débarquent au domicile d’Hassan, situé au-dessus de l’épicerie à Hermonville et lui assignent une obligation de quitter le territoire français. Il a trente jours Hassan pour faire sa valise. Mais le magasin, il a dû le quitter sur le champ. De même que son logement, où il ne remettra pas les pieds, tant que le tribunal administratif n’aura pas statué.

L’administration qui a découvert Hassan, c’est l’URSSAF, parce qu’Hassan travaille sans être déclaré, payé au noir comme on dit, neuf cent euros par mois et en liquide. C’est vrai que les charges sociales et les trente-cinq heures tuent nos entreprises ! Il reconnaît aujourd’hui ses torts le patron, « admet avoir voulu échapper aux charges patronales, sans imaginer une seconde les ennuis qu’il pouvait causer à son employé. » C’est ce qu’il déclare à la presse qui justement le presse de questions le pauvre patron qui a déjà deux magasins et qui dans un premier temps ne sera pas inquiété car il promet de payer. Le préfet lui a fait son travail. Hassan doit être expulsé, pardonnez-moi c’est la loi. Mais rétorquent les habitants, il y a la loi Valls qui permet à ceux qui travaillent depuis longtemps, et neuf ans c’est longtemps, d’obtenir un titre de séjour. Oui dit le préfet mais il n’a pas été déclaré donc pour l’administration il n’a pas travaillé. CQFD. Expulsion. C’est Kafka répondent les habitants  dans un élan de cœur à peine un mois après les élections qui ont consacré une victoire relative au Front National mais pas à Hermonville heureusement. Et madame le Maire en tête ils vont manifester, alerter, payer un avocat à Hassan. Et notre Premier Ministre qui s’appelle Valls, justement comme la circulaire qui porte son nom fera appeler son préfet pour lui expliquer qu’il a plusieurs façon de lire la loi, que dans ce cas on peut peut-être délivrer un certificat de séjour, provisoire certes, il ne faut pas non plus trop se culpabiliser, ce sera trois mois pour voir venir. Hassan est sans doute prier de dire merci. Il le fera auprès de tous ses amis, les habitants, ses clients. Hassan est très ému par cette solidarité et moi aussi à distance et après coup. Il existe encore des justes dans notre pays.

Hassan ne connait sans doute pas le sketch des années 1960 de Fernand Raynaud « les étrangers qui mangent le pain des français ». Chaque jour dans un village certains disent « les étrangers mangent le pain des français… » Et dans le village il n’y a qu’un étranger qui à force d’entendre « les étrangers mangent le pain des français… », un matin il fait sa valise et il part. Depuis ce jour il n’y a plus de pain dans le village, l’étranger il était boulanger.

Ce qui est inquiétant dans l’histoire d’Hassan est que l’administration en charge de la Liberté, l'Égalité, la Fraternité et dont les préfets sont élevés dans les meilleurs écoles de la République, ce soit comporté comme les ignares de Fernand Raynaud. Ce qui est rassurant est que les citoyens de nos villages ont sans doute admiré Fernand de son vivant et, ce qui est amusant, les petites histoires des clowns donnent parfois une meilleur éducation que les leçons des grandes écoles.

J’aimerai rappeler à nos préfets, car comme citoyen ce sont bien les nôtres, non ! ce qu'écrivait Brecht en 1961 :

« Le passeport est la partie la plus noble de l'homme. D'ailleurs un passeport ne se fabrique pas aussi simplement qu'un homme. On peut faire un homme n'importe où, le plus étourdiment du monde et sans motif raisonnable: Un passeport, jamais. Aussi reconnait-on la valeur d'un bon passeport, tandis que la valeur d'un homme, si grande soit elle, n'est pas forcément reconnue. »

 

Pascal Larue,  avril 2014

 
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